Présentation
Malgré l’abondance des ressources en eau par rapport à la plupart des pays voisins, le secteur de l’eau au Liban fait face à des défis majeurs et urgents. Une pression démographique, causée par l’afflux de populations syriennes déplacées au Liban, la dégradation de la qualité de l’eau due à une pollution importante et à l’insuffisance du traitement des eaux usées, les impacts accélérés du changement climatique sur la quantité, la qualité et la répartition spatiale des ressources en eau, ainsi que la fragilité sociale, politique et économique globale du pays, qui a atteint un point critique d’effondrement en 2019, constituent les défis les plus marquants rencontrés au cours des douze dernières années.
On estime qu’actuellement, moins de 50 % de la population dispose d’un accès régulier et suffisant aux services publics d’approvisionnement en eau, et que moins de 25 % a accès à des services d’assainissement acceptables (NWSS, 2024).
Dans ce contexte, le pS-Eau anime le réseau Liban en France et a créé au Liban la plateforme LEbanese Water Actor Platform (LEWAP).
En France, le réseau Liban, destiné aux acteurs de la coopération décentralisée et non gouvernementale, vise à favoriser le montage des projets, le partage d’expériences et la mise en lien avec des acteurs libanais. En effet, les acteurs de la coopération décentralisée et non gouvernementale française peuvent contribuer à répondre aux besoins en renforçant les services d’eau et d’assainissement par un appui technique, matériel ou financier ; un soutien est apporté aux municipalités locales et aux établissements régionaux des eaux.
Au Liban, LEbanese Water Actor Platform (LEWAP) favorise la mise en lien, le débat et le partage d’informations entre l’ensemble des acteurs libanais impliquées dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement (ministère de l’énergie et de l’eau, établissement des eaux, municipalités, ONG et bailleurs internationaux, organisation de la société civile, universités et étudiants, chercheurs…)
À travers ces initiatives, pS-Eau et LEWAP proposent :
- la mise à disposition d’information et d’actualités sur le secteur de l’eau et l’assainissement et la gestion intégrée des ressources en eau au Liban, LEWAP étant impliqué dans les instances de coordination du secteur,
- des ateliers d’échanges multi-acteurs au Liban,
- diverses démarches visant à décloisonner différents acteurs ai Liban : milieu académique/acteurs opérationnels, organisations de la société civile/acteurs institutionnels, ONG urgentistes/acteurs du développement,
- des rencontres destinées aux acteurs de coopération décentralisés et non gouvernementale,
- la mise en relation entre acteurs français et libanais pour la réalisation de projets de coopération décentralisée.
Retrouvez ci-dessous les publications et compte rendus destinées au réseau Liban
Pour en savoir plus sur LEWAP, consultez le site ici.
Contacts
Mélodie Boissel
Responsable du pôle production de connaissances
- melodie.boissel@pseau.org
- +33 (0)7 88 76 00 48
Cadre sectoriel
Cinq structures principales sont au centre du dispositif juridique :
Ministère de l’Énergie et de l’Eau (MEE) : définit le cadre politique et stratégique du secteur ;
Conseil pour le Développement et la Reconstruction (CDR) : assure la maitrise d’ouvrage des projets d’infrastructures eau et assainissement et d’irrigation financées par l’Etat avec le cas échéant l’appui de financements internationaux ;
Établissements Régionaux des Eaux (ERE) : en charge de la planification, de la construction et de l’exploitation des infrastructures d’eau potable, d’assainissement et d’irrigation sous la tutelle du MEE. On en compte quatre : Établissement des Eaux de la Bekaa ; Établissement des Eaux de Beyrouth et du Mont Liban ; Établissement des Eaux du Nord-Liban ; Établissement des Eaux du Sud-Liban.
Office National du Litani : gestion et exploitation des eaux d’irrigation dans la Bekaa Sud et le Liban Sud ;
Municipalités : la loi sur les Municipalités leur confère une légitimité juridique pour continuer d’exploiter les équipements d’assainissement qu’elles ont réalisés.
Eau potable et eau domestique : gestion de l’eau déléguée par l’Etat aux quatre Etablissements Régionaux des Eaux. Dans quelques municipalités, des comités locaux de l’eau continuent de gérer le service d’eau. Ces comités sont réticents à rétrocéder la gestion du service aux ERE comme le prévoit la loi 221, entrée en application en 2005.
Assainissement collectif : malgré d’importants investissements, le niveau de service reste faible. Les ERE sont officiellement chargés de la gestion du service. En pratique, de nombreuses municipalités continuent d’exploiter elles-mêmes les réseaux d’égouts. L’exploitation des stations d’épuration est généralement déléguée par les ERE ou de façon transitoire par le CDR à des entreprises privées, bien que certaines soient exploitées directement par des municipalités.
Assainissement individuel : l’investissement et le fonctionnement des équipements d’assainissement autonomes sont à la charge des usagers.
Accès aux services pour les réfugiés : 80% des réfugiés vivant au sein de la communauté hôte, la réponse à leurs besoins est apportée par les acteurs institutionnels libanais. Pour la population ayant trouvé refuge dans des camps informels, les services d’eau et d’assainissement sont notamment assurés par l’ONU et les ONG.
Documents et outils
Réunion institutionnelle
Rencontre du réseau Liban - Novembre 2024 : Quelles contributions possibles des collectivités françaises, en lien avec les acteurs locaux ?
19 Nov 2024
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